Nous sommes très enthousiasmés d'annoncer que Mediapart, un journal français indépendant a décidé de soutenir financièrement le projet Tails régulièrement, chaque année.

Ces dernières années, Mediapart a joué un rôle essentiel dans l'investigation et la révélation de scandales politiques français majeurs. Ils sont dès lors bien familiers et sensibilisés aux risques numériques auxquels font face les sources, les journalistes et les lecteurs.

Tails a gagné en notoriété par l'utilisation qu'en a faite Edward Snowden et les journalistes qui ont rapporté les fuites de la NSA en 2014. Selon Barton Gellman :

« La protection de la vie privée et le chiffrement fonctionnent, mais il est trop facile de commettre une erreur qui trahisse votre identité. Tails regroupe les outils indispensables en un seul endroit avec une conception qui rend difficile les erreurs. Je n'aurais jamais pu communiquer avec Snowden sans ce genre de protection. Je regrette de ne pas avoir eu ce type d'outils il y a plusieurs années. »

Depuis lors, bien des journalistes à travers le monde ont compris cette approche et ont adopté Tails pour être plus facilement en sécurité. C'est ainsi qu'en parle Jean-Marc Manach :

« Les reporters de guerre doivent acheter des casques, des gilets pare-balles et louer des véhicules blindés ; les journalistes qui utilisent Internet pour leurs recherches sont beaucoup plus chanceux : pour être autant en sécurité que les reporters de guerre, ils doivent seulement télécharger Tails, le graver sur un CD, l'installer sur une carte SD, et apprendre les bases de la sécurité de l'information et des communications, et c'est gratuit ! »

De la même façon que les organismes de presse investissent dans la sécurité physique ou les logiciels propriétaires pour faire leur travail, ces mêmes organisations devraient aussi investir dans des logiciels et outils libres qui, selon les experts en sécurité comme Bruce Schneierle répète depuis des années, sont sûrs :

« Je pense que la plupart des outils du domaine public pour la protection de la vieprivée vont être sûrs. [...] Je pense que Tails va être sûr. [...] Vous savez, la NSA a un gros levier sur les logiciels propriétaires développés à des fins lucratives par des entreprises. Ce sont des leviers que la NSA ne peut pas actionner dans la communauté open source internationale et altruiste. Ces outils sont généralement écrits par des cryptoparanos, ils sont franchement bien conçus. »

Ainsi, Tails a été recommandé comme une plateforme sûre et fiable à utiliser avec des systèmes pour lanceurs d'alerte comme FrenchLeaks, SecureDrop et GlobaLeaks.

Concernant les défis que révèle l'adoption du chiffrement par les journalistes, l'expert en liberté d'Internet Christopher Soghoian a dit à #EncryptNews, une conférence sur la sécurité numérique et le journalisme :

« Les groupes de presse doivent également contribuer à cet ensemble d'outils communautaires. Il faut des [journalistes] qui soumettent des correctifs à PGP, OTR et Tails. Ces groupes doivent financer des améliorations à 5 000 ou 10 000 $ pour améliorer ces outils. Et ce parce que tout le monde se sert de ces outils et qu'aucun des grands groupes qui en bénéficient ne contribue réellement à leur développement. »

Mediapart est le premier organisme de presse à officiellement soutenir Tails et à répondre à notre appel à dons. Nous espérons que ça ne sera pas le dernier.

Si votre organisation est également intéressée pour devenir donatrice régulière, contactez-nous à tails-accounting@boum.org (clé OpenPGP).